Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 18:13
Repost 0
Published by desunion-francaise
commenter cet article
12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 13:03
La désunion française. Essai sur l’altérité au sein de la république
La désunion française Essai sur l'altérité au sein de la république

Par Yvon Ollivier

(L'Harmattan, 257 p, 27 €)

Yvon Ollivier est magistrat, membre éminent de l'Institut Culturel de Bretagne et en particulier de sa section Droit et Institutions et il a écrit un ouvrage magistral sur un sujet majeur, la légitimité de l'état-nation qui, pour beaucoup est fondée sur une pétition de principe, « l'unité et l'indivisibilité de la république ».

Or, pour Yvon Ollivier, le pouvoir central en niant l'altérité de « l'autre » contribue à la désunion de la nation. Sa démonstration est brillante et nourrie de nombreuses lectures que la bibliographie énumère et qui impressionnent.

C'est dire que cet ouvrage ne se lit pas comme un roman et demande au lecteur une constante attention et beaucoup de réflexion.

Tous les chapitres, du premier, « l'unité contre l'autre », au dernier, « affronter les blessures de l'histoire » doivent donc être lus avec attention pour bien comprendre le sens que l'auteur veut donner à son propos, qui est de libérer la pensée d'une certaine forme de politiquement correct qui, dans ce pays est quasiment une pensée unique.

Voici quelques uns des aspects les plus marquants de cette profonde étude.

L'unité de l'état-nation a été fondée sur l'assimilation des différences mais, de fait depuis la « grande révolution » ces différences ont été exacerbées. Car, contrairement au dogme « républicain » la société dans son ensemble n'est pas l'adversaire des différences visibles et, non seulement elle les accepte, mais elle les encourage. La sacralisation de l'égalité des citoyens a trop souvent permis d'occulter la question sociale en partie liée à l'inégalité entre les territoires, inégalité résultant elle-même de la domination politique et écono- mique de la région-capitale où vit une élite, certains écriraient une oligarchie, repliée sur elle-même et protégée, croit-elle par cette exception qu'elle proclame. Mais cette exception dans le concert des nations démocratiques est aujourd'hui menacée, car elle n'est plus tenable face aux bouleversements du Monde.

Les peuples anciens qui composent ce pays, victimes de la volonté du pouvoir central de détruire leurs langues autochtones et leurs cultures traditionnelles ont longtemps souffert ces indignités en silence, mais aujourd'hui les nombreuses populations issues de l'immigration, refusent, elles de voir ainsi niés et effacés ces éléments qui sont une dimension de leur humanité.

Le pouvoir central devrait donc au plus vite saisir cette opportunité qu'offre l'altérité de ces populat- ions nouvelles pour faire évoluer l'état-nation vers une reconnaissance de sa diversité, que beaucoup de bons esprits présentent comme une richesse.

Sauf à courir à l'échec, la république centralisatrice, certains disent « jacobine », devra faire face à sa désunion et tenter, dans ce Monde en mouvement de se reconstruire en s'appuyant sur ses principes universalistes et en dépassant ce centralisme qui la défait.

Donc, la république ne refera son unité qu'avec celui qui est toujours perçu comme « l'autre » car, continuer à se dresser contre cet « autre » ne fera qu'accentuer sa désunion et accélérer sa fin.

Pour les patriotes bretons il est important de lire le chapitre « Penser la Bretagne » qui éclaire d'un jour nouveau le long combat des Bretons pour la reconnaissance de leur altérité propre et qui leur donne les pistes à suivre, aujourd'hui pour penser la Bretagne de demain.

Il faut aussi souligner tout l'intérêt de la préface du grand géographe Jean Ollivro que son honnêteté devant les faits n'empêche pas de rêver à une France « devenue une société de confiance » où la diversité est enfin respectée pour ce qu'elle est et pour tout ce qu'elle apporte à la société.

Une dernière remarque, Yvon Ollivier cite en exergue de son ouvrage une phrase d'un grand penseur socialiste, Jean Jaurès, « Le sentiment d'unité est le plus profond et le plus noble de l'esprit humain ».

Une pensée qui peut sembler discutable. Car, si l'unité de la race humaine dans sa diversité est une réalité, vraiment indiscutable, l'unité comme principe politique, faut-il écrire idéologique, a été la justification de tous les totalitarismes, y compris du totalitarisme jacobin.

Mais Jean Jaurès n'avait pas lu « Brave New World » et « 1984 ».

Ceci écrit, l'ouvrage de notre compatriote Yvon Ollivier est un ouvrage admirable qui ouvre des pers- pectives d'avenir non seulement pour nous, citoyens de la république française, mais pour toute l'humanité. Il faut donc le lire sans tarder.

Jean Cévaër

Repost 0
Published by desunion-francaise
commenter cet article
18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 17:52

033Voici la représentation de la " désunion française", qui est aussi le nom de ce tableau de l'artiste bretonne Gaëlle Le bris, une jeune artiste talentueuse et pleine d'avenir. Quoi de mieux pour symboliser le rapport à "l'autre" dans la tradition jacobine que l'objet infamant pendu au cou, symbole de la honte infligée aux âmes d'enfants? Tous les peuples, qui ont eu à connaître de la colonisation française, l'ont porté, sous des formes différentes, selon leur idée du plus abject. Avec les mêmes effets délétères pour les victimes meurtries à jamais dans l'enfance , enfermées souvent dans le silence. Il y a des traumatismes qui ne se disent pas et se transmettent aux générations futures, privées de la langue qui aurait dû être la leur. Le symbole est aussi un lien évident entre les colonisés de l'intérieur et ceux de l'extérieur, entre tous ceux qui se débattent aujourd'hui dans l'ordre jacobin pour défendre leur identité méprisée et les fondamentaux de leur culture. L'avons-nous quitté ce symbole? Ne le portons-nous pas toujours au cou, même s'il ne se voit plus, lorsque le droit nous fait interdiction de remonter aux sources de notre culture, lorsque nos langues sont  déconsidérées, jugées indignes de l'espace public et des choses sérieuses? Un jour  viendra où nous le jetterons à bas, lorsque l'hydre jacobine s'effondrera et que le droit fera sa révolution pour s'ouvrir à l'altérité.

 

Ce tableau est libre de droits pour tous les mouvements culturels et politiques, qui contribuent à la défense des droits des peuples minoritaires. Il suffit d'indiquer le nom de l'artiste et de préciser  qu'il s'agit de la couverture du livre "la désunion française  essai sur l'altérité au sein de la République" par Yvon Ollivier aux éditions l'harmattan.

Repost 0
Published by desunion-francaise
commenter cet article
17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 18:18

Maquette P1&4couverture

SORTIE DU LIVRE EVENEMENT AUX EDITIONS L'HARMATTAN:

 

 

                                   LA DESUNION FRANCAISE 

ESSAI SUR L’ALTERITE AU SEIN DE LA REPUBLIQUE

          

 

Par Yvon OLLIVIER,

Magistrat, membre de l’institut culturel de Bretagne.

 

Au cœur de cette campagne présidentielle, une nouvelle fois se pose la question du rapport à « l’autre », entre utile repoussoir pour gagner des voix et élément fort d’un choix de société. Qu’en est-il de l’unité de la nation fondée sur l’assimilation des différences lorsque le modèle de fonctionne plus et s’égare dans la stigmatisation des « communautarismes » ?

 

Ce livre vient dénoncer l’illusion jacobine d’une société tournée contre la différence visible, qu’elle soit issue de l’immigration ou de nos vieilles nations basque, corse, occitane ou bretonne.

Le « communautarisme », concept méconnu des autres démocraties européennes, permet de contenir l’évolution démocratique en évacuant l’altérité de l’espace public.

 

Pour conforter cet objectif, la Nation est passée maître dans l’accaparement des plus hautes valeurs, notamment l’égalité, dont la sacralisation permet d’occulter la question sociale et la surprenante disparité entre les territoires, aboutissant à la domination d’une élite repliée sur elle-même.

Par quel sortilège la nation qui célèbre l’égalité a pu accoucher de la société la plus inégalitaire au plan culturel, territorial et social ? Plus on parle d’égalité et plus s’étend la « parisianisation » des élites; L’inscription symbolique de la décentralisation dans la Constitution autorise l’intensification du centralisme parisien et la formation d’un « grand Paris » spoliateur. L’auto-ploclamation en « patrie des droits de l’homme » offre le loisir de se défaire des droits culturels qui s’imposent aux autres démocraties.

Cette situation induit une perte du sens de la transcendance et des plus hautes valeurs issues de la raison et de la tradition occidentale. La France a perdu le sens d’elle-même, ce qui est à la source du sentiment prégnant de désaffiliation sociale que l’on rencontre partout.

C’est encore la crainte qui est au cœur du besoin lancinant d’Etat et de protection, qui caractérise les Français et qui s’accorde mal avec le dynamisme nécessaire à la bonne insertion dans l’économie mondialisée.

 

Cette curiosité dans le concert des nations n’est plus tenable à l’ère démocratique. Si les vieux peuples de France souffrent du non respect des droits culturels, leur altérité est un atout pour faire évoluer la nation vers la reconnaissance de sa propre diversité. La République jacobine a échoué sur le terrain de l’égalité. Elle ne peut plus échapper à la représentation de la « désunion française ». Pour se soustraire au grand délitement, la nation devra puiser dans son essence universelle la force de se dépasser, pour refaire l’unité avec et non plus contre « l’autre ».

 

 

Repost 0
Published by desunion-francaise
commenter cet article