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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 13:06

Nous sommes tous des gueules cassées comme Lom ar Geol dans l’ascension du Menez-Hom à la recherche de sa gueule perdue et de ce paradis terrestre où les hommes avaient encore des choses à se dire. Cet ouvrage forme le versant romanesque du premier livre de l’auteur : « la désunion française » qui reste en mémoire de ceux qui s’intéressent à l’avenir d’une Bretagne noyée dans un ordre jacobin négateur des droits culturels.
 L’identité, cette inlassable quête, revient comme un leitmotiv dans les pas de Lom, dont la gueule cassée à curieusement dessillé les yeux sur cette problématique atemporelle.
Etre soi, malgré tous les coups du sort, et il arrive que l’on se retrouve par la médiation d’autrui. Ici, « l’autre » prend le visage de Gwenn, la belle paysanne du Porzay qu’il aime d’une manière étrange et absolue. Elle est son Iseult qui le restitue à lui-même. Laissez-vous transporter par la force de cet amour, dans un huis clos obsédant entre Lom et le recteur Abjean, par qui s’affrontent les deux Bretagnes de toujours, celle qui trouve son honneur dans l’obéissance àlom2 celle qui lutte pour ses libertés. Une ode à la transcendance qui réunit les hommes.

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 13:03

Yvon Ollivier, ou la bretonnité révélée à Sciences-Po

il y a 1 jour par dans Et après ? Tags :

Yvon Ollivier en dates clés

-1967 : Naissance à Brest

-1991 : Entrée à Sciences-Po en section Service public

-1995 : Entrée à l’ENM de Bordeaux

-2006 : Vice-procureur au TGI de Nantes en charge du Parquet des mineurs

-2008 : Initiateur du mouvement contre la réforme Dati et pour l’unité judiciaire de la Bretagne

__________

photoyvonollivier

 

Ce qui frappe chez Yvon Ollivier quand on le rencontre pour la première fois, c’est la force du regard. Un regard dur et profond, comme le soc d’une charrue déchirant la terre sableuse de son Léon d’origine. Mais qui semble aussi scruter le lointain, comme le font les marins quand se lève le vent de galerne. Le verbe haut et juste, la main leste et fébrile, il défend passionnément une idée, martelée tout au long des conférences qu’il donne : l’émancipation du peuple breton. Emancipation culturelle, linguistique, mais aussi politique et économique. Rebelle, iconoclaste, ce jeune magistrat nantais compte bien jeter un pavé dans la mare jacobino-conformiste qu’il fustige partout où il passe: tout le contraire d’un pur produit de Sciences-Po. C’est pourtant sur ses bancs qu’il a forgé ses convictions, où s’est constituée la matrice de son engagement futur. Portrait d’un breton à la rue Saint-Guillaume.

 

 

L’enfance Bretonne

Né à Brest, Yvon Ollivier grandit dans la petite ferme familiale, dans le pays du Léon. Cette région est réputée « blanche » comme on dit en Bretagne, c’est-à-dire particulièrement pieuse – et un peu conservatrice -, par opposition à d’autres coins dits « rouges », dans lesquels le républicanisme voire le socialisme ont pris racine sur les décombres de la foi déclinante. En conséquence, dans la famille Ollivier, où on compte de nombreux membres du clergé, il est hors de question de mettre les enfants à l’école publique: ils feront tous leur scolarité dans le privé. A l’école, Yvon Ollivier « apprend bien, mais sans plus ». Dans ces familles de petits paysans besogneux, « on est content quand le gamin rapporte une bonne note, mais le pousser et l’appuyer dans ses études, pour des gens qui se sont arrêtés à l’école primaire, ce n’est pas facile ». Il va au lycée à Brest, « chez les Jésuites », où il se découvre un certain goût pour la lecture. Les bonnes notes arrivent, il prend confiance en lui, décroche un bac L et s’inscrit en licence de droit à la faculté de Brest, où il se passionne pour ses études. Trois ans plus tard, grâce à un héritage opportun, il peut se permettre, comme il est d’usage, d’aller à Paris finir son cursus juridique. Il suit une maîtrise de droit international  à Paris-I, tout en préparant Sciences-Po. Il intègre l’école en 1991 tout en suivant un DEA de droit international privé.

 

L’expérience parisienne

Le souvenir que lui laissent ses deux années à la rue Saint-Guillaume est partagé. Fils de paysans bretons au milieu de rejetons d’une élite encore très parisienne, il ne trouve pas son compte dans cette atmosphère guindée. D’ailleurs, il fréquente peu de gens de l’Institut, préférant retrouver ses amis de la fac de Brest montés à Paris comme lui. En section Service public, il montre assez peu d’intérêt aux cours en général, « très cadrés, très cadrants »; la méthode « Sciences-Po » lui paraît trop scolaire, formatée. Certains professeurs l’impressionnent néanmoins, comme Alfred Grosser, spécialiste des relations franco-allemandes et brillant pédagogue. « Des profs comme lui ont certainement influencé mon parcours intellectuel, par leur vivacité d’esprit, leur manière d’investiguer, de décrypter les enjeux au travers des discours. Ils m’ont appris à rechercher ce qui se cache derrière les apparences et la pensée commune. » Il apprécie aussi le dynamisme associatif et militant de l’IEP: il se rend souvent à des conférences, des discussions, qui lui donnent le goût de la controverse, du débat d’idées. Il s’intéresse aux évènements proposés par l’Association des Bretons de Sciences-Po de l’époque.

C’est en effet à Paris, bien loin de sa région natale, qu’il prend conscience de sa « bretonnité ». « Avant, je n’avais jamais vraiment réfléchi à la Bretagne. Je ne m’étais jamais dit : être breton, qu’est-ce que ça signifie ? Jusque-là dans mon entourage, tout le monde – ou presque – était breton. Ce n’est qu’au contact de l’altérité que j’ai pris la mesure de la spécificité de mes origines, de ma culture, de ma région. Altérité culturelle pendant mes années parisiennes, mais aussi sociale lorsque j’étais à Sciences-Po. » Il commence à fréquenter la Mission Bretonne à Montparnasse, prend quelques cours de bombarde et découvre, à travers de nombreuses lectures, l’histoire de sa région et son rapport douloureux à la République, qu’il met en lien avec sa propre histoire familiale. « Le breton ? Tout le monde le parlait chez moi, je l’entendais partout. C’était une langue à laquelle j’étais habitué, et qui m’était en même temps inconnue: mes parents ne m’ont jamais parlé en breton à la maison, et ça ne me posait pas problème. L’école, la ville, la jeunesse parlaient français. C’est après que j’ai découvert ce qui se cachait derrière ce silence: la République française, par l’imposition d’un système de pensée et d’une langue uniques, s’est construite sur le refus de l’altérité et la mort de ses vieux peuples. La politique d’éradication du breton en est une tragique manifestation. »

 

La magistrature et son engagement

Diplômé en 1993, il fait son service militaire à Saint-Cyr Coëtquidan et à Chateaulin, puis revient à Sciences-Po faire une année de préparation à l’ENA. Il décroche l’ENM, déménage à Bordeaux. Deux ans plus tard, il est magistrat à Cambrai, puis à Saint-Nazaire et atterrit à Nantes en 2006, comme vice-procureur du Tribunal de Grande Instance en charge du Parquet des mineurs. En 2008, dans cette ville, il initie un mouvement de protestation contre la réforme de la Justice de Rachida Dati, qui visait à casser l’unité judiciaire de la Bretagne historique en faisant relever les Tribunaux de Loire-Atlantique de la Cour d’appel d’Angers. Tout au long de la contestation, il en reste l’un des porte-paroles privilégiés. Il appelle à une réunion avec tous les acteurs concernés, magistrats et avocats, et contacte le mouvement culturel breton pour qu’il leur vienne en appui. La mobilisation des différents tribunaux aboutit à une grande manif à Rennes. « Notre argumentaire était d’ordre historique, mais aussi financier. On voyait bien que derrière la réforme se cachaient des intérêts politiques pour certains membres du gouvernement. Au début, on se moquait de nous, avec nos gwenn ha du ; et finalement, grâce à une forte mobilisation, nous avons fait fléchir la ministre. »

Dans son métier, il touche de près la problématique de l’intégration des étrangers, pour laquelle il porte un grand intérêt. Pour lui, les nouvelles minorités issues de l’immigration et les vieilles minorités régionales sont également condamnées à se renier et à s’autodétruire sous le rouleau-compresseur de l’uniformité républicaine, imprimant dans les esprits l’idée d’une France éternelle, une et indivisible, d’un peuple français homogène dont la diversité est d’abord niée par le droit, puis réprimée dans les faits. En 2012, il publie un essai, La Désunion française, où il explique sa vision de la République jacobine et la nécessité de donner plus d’autonomie aux régions. Il est aujourd’hui membre de l’Institut culturel de Bretagne, siège au Conseil d’Administration de Bretagne réunie, une association qui milite pour le rattachement de la Loire-Atlantique, et apprend activement le breton depuis 3 ans. D’ailleurs, ses enfants sont scolarisés à l’école Diwan, et il parle breton avec eux à la maison. Comme une revanche sur l’histoire. « Je crois beaucoup en la génération qui arrive. Si c’est nous, aujourd’hui, qui mettons en doute le système centralisateur, c’est sûrement eux qui le réformeront demain. Mais j’aimerais que, s’ils veulent étudier dans de grandes écoles, ils ne soient pas obligés d’aller s’exiler à Paris ».

 

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 17:51

La réaction virulente des Bretons à la situation difficile qu'ils rencontrent aujourd'hui ne saurait surprendre. Certains aimeraient y voir l'expression épidermique d'une bande de réacs ancrés à leur roche granitique et à jamais perdus pour la modernité. D'autres encore n'y voient qu'une manifestation éruptive de ce lancinant besoin d'Etat qui traverse toute la société française et que les largesses de celui-ci finiront bien par éteindre. Et si cette violence était l'expression d'un malaise plus profond, lié à un changement d'univers mental que j'ai nommé « désunion française » dans un essai récent ? Dans les esprits s'effondre le mythe de l'Etat protecteur et omnipotent, certain de relever tous les défis et confiant dans la capacité de la société française à assimiler toute la diversité humaine.
Ceux qui exigent le secours de l'Etat sentent confusément qu'il ne pourra plus rien faire pour eux, car il est lui-même confronté à son inadaptation structurelle à la mondialisation que le déficit de ses comptes publics lui rappelle sans relâche. Il n'a plus les moyens de répondre à toutes les suppliques, d'endormir toutes les blessures, ce qui génère un sentiment d'abandon peut-être même de désespoir. Et ce n'est pas l'Union européenne qui nous sortira d'affaire. Loin de susciter l'espoir, elle est devenue l'objet de toutes les rancoeurs.
Lorsque le mythe de l'Etat protecteur et égalitaire s'effondre au contact de la réalité, la société découvre ses fissures. On ne comprend plus le système reposant sur la domination outrancière de Paris en matière culturelle, économique et même au plan social tant l'inégalité des chances est patente. On ne voit plus dans les élites qui nous gouvernent qu'une coterie largement recrutée en région parisienne et toujours solidaire lorsqu'il s'agit de bénéficier des avantages du système. On ne comprend plus les décisions en provenance d'une centralité qui ignore à peu près tout des réalités locales. Comment pourrait-on se retrouver dans ce pouvoir qui ne nous connaît pas et ne veut rien savoir de nos exigences les plus fortes comme la sauvegarde de nos langues ou le respect de notre identité? Malgré tous les beaux discours légitimant, les Bretons rejettent l'inégalité des cultures et des territoires inhérente au système jacobin. Et au nom de quoi pourrait-on leur en faire le reproche ?

image2Au-delà de la conjoncture économique et des distorsions de concurrence, la vague de licenciements trouve son explication profonde dans un modèle politique et institutionnel inadapté. Les territoires qui gagnent dans la mondialisation disposent d'un pouvoir politique doté de moyens et de compétences juridiques et fiscales permettant la meilleure insertion dans une économie globalisée. Tout ce dont nous sommes privés en Bretagne où l'Etat n'a plus d'autre ambition que le maintien de l'ordre public. La région Bretagne, institution dérisoire dans ses moyens d'action, ne peut penser et adapter utilement son modèle de développement aux grandes mutations économiques, ni valoriser ses nombreux atouts. La source de nos maux tient dans l'absence d'autonomie et les Bretons qui se lèvent aujourd'hui ne demandent pas l'aumône mais un travail au pays et les leviers du développement pour pouvoir le conserver.
Loin de répondre à ce besoin d'émancipation maintes fois exprimé, l'Etat se montre incapable de se réformer comme en témoigne l'acte 3 de la décentralisation qui signe la mort de la régionalisation et créée une complexité supplémentaire avec la métropolisation riche de nouvelles fractures. Exit la réunification de la Bretagne qui n'a jamais été aussi loin tant est verrouillée la procédure de modification des limites territoriales. L'Etat n'entend pas les messages qui viennent du bas. Mais n'en est-il pas de même de nos grands élus locaux ? La crise actuelle illustre aussi une faillite du personnel politique breton qui a moins su faire évoluer le système jacobin que s'y complaire. Car enfin, il ne sert de vitupérer contre les ridicules moyens d'intervention dévolus à la région si l'on n'est pas capable d'exiger la loi différenciée qui, dans le cadre d'un statut particulier, nous permettra de développer notre territoire et de sauvegarder notre culture. Et à qui revient-il de montrer la voie si ce n'est à nos élus qui n'ont souvent rien compris à la révolte des bonnets rouges et se sont efforcé d'en suivre le cours ou de la contenir ? Je forme le vœu que la crise actuelle ait au moins le mérite de faire comprendre à tous qu'un territoire qui ne se prend pas en main est un territoire mort ou en voie de le devenir. L'autonomie est la situation normale pour les peuples comme pour les hommes. La tutelle ne l'est pas sauf à consentir à des formes de spoliation toujours plus brutales. L'autonomie d'une Bretagne réunifiée dans le cadre d'une citoyenneté française revivifiée est notre salut au sein d'une économie mondialisée où les peuples doivent être libres d'agir pour libérer la croissance et assurer le bien être de tous. C'est aussi le sens du message délivré par la nuée de drapeaux bretons qui flottaient à Quimper ce 2 novembre 2013. D'urgence, posons les questions du statut de la Bretagne et de la gouvernance! Il en va de l'unité française. ■

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 18:07

 

Ce mercredi 16 octobre, les Bretons de Siences Po accueillaient rue Saint Guillaume un ancien élève de l’école, et actuel magistrat au Tribunal de Grande Instance de Nantes, Yvon Ollivier, pour une conférence intitulée « La désunion française, de l’urgence de sortir du jacobinisme » dont nous vous proposons ici une synthèse. Organisée par l’association des Bretons de Sciences Po, cette conférence a approfondi les thèmes de l’identité française et de l’altérité sous l’angle de l’unité républicaine et de son processus organisationnel, la centralisation.  

Cette unité, qui prétend fonder l’identité sur un socle de valeurs est une spécificité française. L’Allemagne, malgré bien des heurts, a évolué vers le patriotisme constitutionnel théorisé par Habermas ; l’Angleterre, historiquement multiculturelle, tend à l’être moins, mais conserve cette capacité d’adapter son identité à la mondialisation. La France, en revanche, a un problème avec l’altérité et les contours du socle de valeurs, fondateur de son identité, sont devenus flous.

Historiquement, la nation est une « particularité forte » transcendée par le Roi, et ce, au niveau européen. Cette transcendance était d’essence divine et la conversion religieuse d’un individu colonisé suffisait pour qu’il soit assimilé à la Nation française. Cette transcendance est contestée au XVIIIe siècle par une vision idéalisée de la France, une France qui serait « mère des patries », une nation forte, capable d’assimiler les autres nations. A cette époque, pour être assimilé, il fallait être comme le colonisateur blanc, avoir les mêmes mœurs, la même apparence, c’est le cas des esclaves de St Domingue, qui, pour obtenir leur émancipation, adoptaient les mêmes comportements que les colons.

1386170C’est cette uniformisation, prônée au nom de l’égalité, qui marque le début du jacobinisme. L’abbé Sieyès parle de « forger la nation », ce qui sera également théorisé par Michelet et appliqué par les hussards noirs de la République qui diffusent le français. De cette vision mystique de l’identité, on retient ce modèle de construction par l’absorption de celle des autres. Yvon Ollivier constate l’échec de cette conception, en citant l’exemple du discours de Valls sur les Roms, ou le fait que les langues et cultures régionales n’aient pas disparues. L’Autre ne disparait pas, malgré les tentatives répétées pour l’assimiler.

Ce mode de gestion de la diversité humaine était voué à l’échec. Aujourd’hui, il nourrit le racisme en France car la différence heurte le système et la norme. La haine actuelle du communautarisme vient de cette conception de l’identité fondée, non pas avec l’Autre, mais contre l’Autre, contre sa différence. Monsieur Ollivier s’appuie dans ce passage sur les travaux de René Girard et son ouvrage « le Bouc émissaire » (1982) dans lequel il décrit le phénomène qu’il nomme le triangle mimétique et le jeu symbolique qui l’entoure. Si cette vision idéaliste est en échec, elle reste cependant ancrée dans les esprits.

L’unité de la France ne s’apparente elle pas elle-même à un communautarisme ? La France s’est construite sur la mort de ses peuples. Une mort physique d’abord en Vendée et en Bretagne pendant la période révolutionnaire, puis une mort symbolique : une déconsidération de la culture, secondarisée, ramenée au rang de sous-culture. Cette déconsidération est intériorisée par les individus et il se produit un inversement des rôles, symptôme du communautarisme : le coupable se sent victime de l’Autre, de sa différence, agressé dans son identité et la victime se sent coupable de ne pas correspondre à la représentation qui lui est renvoyé. Yvon Ollivier en profite pour parler du « sabot » breton, image d’illustration de son ouvrage « Désunion française », instrument d’humiliation pour l’enfant surpris à parler breton à l’école.

Yvon Ollivier conclut la première partie de son propos en déclarant que la tradition républicaine d’unicité du peuple français est une représentation totalitaire de l’identité. Il rappelle que dans une démocratie, c’est le droit qui doit s’adapter aux hommes. Subordonner la réalité humaine à la loi est déshumanisant. Il dénonce un processus de colonisation culturelle continue et toujours actuelle : malgré 1000 ans d’unité de la Bretagne, l’existence du gallo en Haute-Bretagne, le pouvoir jacobin essaye de légitimer la Région Pays de Loire en Loire-Atlantique par de fortes dépenses en communication.

M. Ollivier poursuit en évoquant une « spoliation de la périphérie par le centre », l’abandon des projets de régionalisation, remplacé par le projet des « métropoles » et le contexte économique entre chômage, écotaxe et crise de l’agro-alimentaire. Il craint que la France, en s’appropriant les droits de l’Homme, s’arroge la possibilité de les enfreindre et dénonce la patrimonialisation des cultures régionales. « Nous [les Bretons] ne sommes pas un patrimoine, nous sommes vivants, nous sommes un peuple […] L’altérité ouvre des droits culturels dans l’espace public. »

Les mots sont importants : M. Ollivier souhaite s’arrêter sur certains termes chargés de sens parfois employés pour critiquer ou dévaloriser. Une région « à forte identité » correspond en fait à un peuple en situation difficile, « l’intérêt général », que certains opposent à « l’intérêt local » est en fait l’intérêt particulier des plus puissants. Le centralisme va dans leur intérêt, pas dans celui de l’égalité. Pour garantir l’égalité, il faut des contre-pouvoirs.

L’ « égalité des chances » ne fonctionne pas : l’élite française est sélectionnée dans un très petit bassin de population, les écoles les plus prestigieuses sont à Paris et les classes moyennes bretonnes n’ont que rarement les moyens d’y financer les études de leurs enfants. Le qualificatif d’ « autonomiste » est en fait un retournement de connotation, l’autonomie est la situation normale pour les peuples et sans doute que si la Bretagne avait eu les moyens de concevoir de manière autonome le développement de son territoire, elle ne serait pas dans cet état aujourd’hui.

M. Ollivier met en évidence le rapport de force qui existe entre Paris et les régions et les inégalités qui découlent de ce rapport de domination. Ce qui est inquiétant, selon lui, c’est que cette domination identitaire et culturelle s’accompagne d’une domination en termes de développement de territoire, d’inégalités économiques et sociales.

être soi parmi les autresLe dépassement de la construction colonialiste de la France doit se faire en repensant son rapport à l’Autre. Il faut passer d’une unité contre l’Autre à une unité avec l’Autre, tout en restant dans un cadre universel. L’humanité est composée d’une part d’universel et d’une part de diversité. Les Bretons sont plutôt volontaires quand il s’agit de s’inscrire dans un cadre juridique plus large, que ce soit la France ou l’Europe. Ainsi, une autonomie dans l’économie, dans l’éducation, notamment linguistique, tandis que les pouvoirs régaliens resteraient à Paris permettrait à la Bretagne d’être un moteur de développement.

Yvon Ollivier achève son intervention en ajoutant que cela permettrait également de revitaliser le sentiment national et de redonner du sens à la citoyenneté française qui fonctionne aujourd’hui comme un rapport de domination. Les peuples de Bretagne et des autres régions françaises ne se retrouve plus dans ce système, les immigrés n’y parviennent pas davantage. La montée des extrêmes est symptomatique. Il est urgent de reconstruire un système juridique. L’unité n’existera jamais alors que la diversité est de plus en plus forte. Un fédéralisme différencié, avec le français comme langue commune, les valeurs de respect et de reconnaissance de l’Autre comme socle commun est un projet viable de nouvelle organisation territoriale régionalisée avec une réelle égalité des chances.

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 14:53

 Yvon OLLIVIER, l'auteur de "la désunion française "donnera une conférence sur le thème suivant : "la désunion française,  ou de l'urgence de sortir du jacobinisme" à Sciences-Po Paris le 16 octobre 2013 à 19 H15, entrée rue des Saints-pères.

 

La présentation de la conférence organisée par l'asso des Bretons de Sciences-po est la suivante :

 

Qu’en est-il de l’unité de la nation fondée sur l’assimilation des différences lorsque le modèle ne fonctionne plus et s’égare dans la stigmatisation des minorités au risque de glisser chaque jour davantage vers un racisme ordinaire ?

La France déroge parmi les nations par sa persistance à vouloir forger la nation contre toutes les formes d’altérité, qu’il s’agisse du bouc-émissaire musulman ou des vieux peuples et territoires, comme la Bretagne qui ne demande qu’à retrouver ses limites historiques et libérer son potentiel d’énergie. Le principe d’unicité du peuple français nous renvoie une représentation totalitaire de la société, en laquelle les citoyens conscients de leurs droits ne se retrouvent pas.

L’acte 3 de la décentralisation signe la mort de la régionalisation et l’avènement des métropoles, avec son lot de complexité et de fractures supplémentaires. La France se montre incapable de réformer son modèle inadapté à la mondialisation et ne parvient à limiter la dépense publique. Elle sacralise l’égalité et n’aboutit qu’à la domination d’une élite étrangement coupée du peuple. Convenons que le risque de délitement de la nation n’a jamais été aussi grand.

Et si la France retrouvait le sens de ses propres valeurs, la confiance et le courage du dépassement pour conduire les réformes qui s’imposent et construire enfin l’unité avec l’Autre?

Renseignements: bretonssciencespo@gmail.com

La Conférence aura lieu le mercredi 16 octobre à 19h15 à SciencesPo Paris.

 

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 14:53

 Intervenant à Lokarn devant la jeunesse bretonne du club Erispoe, instance créée par un  patriote dans le but regrouper les jeunes diplômés sensibillisés par la Bretagne , j'ai senti monter en moi, devant la qualité de l'auditoire, une grande bouffée d'optimisme. A vrai dire, il est peu d'endroits où l'on rencontre une jeunesse aussi prometteuse, bardée de diplôme et non des moindres, parlant parfois un breton impeccable et consciente de son identité. L'avenir sourira, c'est évident, à tous ces jeunes, comme il sourira à la Bretagne si les jeunes pousses ne se laissent pas dévorer par d'autres démons, comme l'argent, le pouvoir ou les autres belles sirennes parisiennes.  Le drame breton est que les élites ont pris la mauvaise habitude de trahir, depuis tant de siècles et ceux que nous voyons à l'oeuvre aujourd'"hui, trop souvent ,  refusent de déroger à cette triste habitude. On a le droit de réussir dans la vie. Il est même recommandé de le faire, à condition de ne jamais oublier que l'essentiel n'est pas là. Gare à l'embourgeoisement des âmes!  Il est des causes qui nous dépassent et méritent d'être défendues. La Bretagne qui étouffe, au visage d'humanité souffrante, en fait partie. Puissent ces jeunes ne jamais l'oublier.

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 12:56

En lien, voici la vidéo de la conférence donnée par Yvon OLLIVIER le 22 juillet 2013 au forum des langues de France, à Langon, sur le thème suivant : les langues de France et la République.

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 15:44

Yvon OLLIVIER interviendra sur le thème de "la désunion française" à l'université d'été du club Erispoe à Lokarn les 28 et 29 août 2013

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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 18:13

Yvon OLLIVIER participera à une table ronde à l'occasion du cinquième forum des langues régionales de Langon, le 22 juillet 2013, dans l'après-midi, link, ainsi qu'aux travaux de l'Institut de Lokarn le jeudi 29 août 2013.

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 10:04

En lien, l'article d'Yvon OLLIVIER paru sur le site de Bretagne prospective et dressant un premier bilan sur la diversité culturelle au bout d'un an d'exercice par le nouveau pouvoir.

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