Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 21:59

Comment faire disparaître la Bretagne ?

 

Petite Recette bretonne pour notables locaux et fonctionnaires en quête de réussite

 

 

 

Prenez-un territoire où demeure un peuple depuis des siècles.

Conquérez le par les armes, même si c’est difficile.

Au besoin, coupez-le en deux et saupoudrez l’un des deux morceaux -la Loire Atlantique- d’une création identitaire farfelue.

 

 Le peuple, noyez le dans un droit négateur durant deux siècles au moins, faites accroire le mensonge de son inexistence par la force de persuasion de l’éducation nationale ; les fonctionnaires font des miracles, vous savez...

Réduisez-le par une hécatombe militaire.

Instiller le mépris de soi dans les âmes d’enfant avec le fameux symbole et une fois la chose faite, maintenez-fermement le discours de la secondarisation des identités dérogatoires.  Ceux qui ont intériorisé leur infériorité dès l’école ne bronchent plus, vous savez…

 

Surtout, prenez bien soin de supprimer toute instance protectrice de la personnalité bretonne et susceptible de tenir des discours séditieux  - Parlement, Etats de Bretagne -

Si le siège de ladite instance se trouve à l’étranger, comme l’Eglise, passez un accord avec elle afin qu’elle ne prenne pas la défense du peuple qui n’existe pas et qu’elle délègue des représentants cooptés, voire même , si possible, qu’elle évacue la langue dérogatoire de ses lieux de culte,

Défiez-vous comme de la peste des institutions culturelles susceptibles d’une quelconque force d’autonomie, capables de rappeler les évidences séditieuses, que le peuple breton existe etc.. A cet égard, la charte culturelle bretonne fut une erreur historique. Heureusement, il n’en reste plus rien.

Attention !, ces gens là ont de l’imagination..

 Manoeuvrez comme il le faut pour les contrôler par la création d’Etablissements publics de coopération culturelle -EPCC- ou de toute autre structure associative bien verrouillée , en présence de Mr le Prefet,

 

Certains plaisantins vous soutiendront le plus sérieusement du monde que pour être universels, les droits de l’homme doivent aussi trouver à s’appliquer en Bretagne.

Désamorcez tous ces discours droits de l’hommiste et émancipateurs, en leur substituant la notion bienvenue de « patrimoine ». C’est la meilleure manière de les priver de leurs droits et, rassurez-vous,  ils n’y voient que du feu….

 

N’hésitez pas à glorifier leur « patrimoine », baragouinez même un peu à l’occasion. Vous pourrez même entonner de temps à autre un bro goz, -leur hymne national-. Les paroles sont stupides mais ils adorent ça.

 

Avec des naifs pareils, nous sommes sur la bonne voie. On enseigne la langue à dose homéopathique, avec un pourcentage idéal de 3 % des enfants, qu’il ne faut surtout pas dépasser. C’est la meilleure manière de ne pas être accusé de pratique ethnocidaire tout en assurant l’éradication de leur patois. Il en va de même avec la présence symbolique de la langue bretonne sur la chaine régionale. C’est unique en Europe mais ici cela ne pose aucun problème.

 

N’allez surtout pas leur dire que nous avons de l’argent pour la culture. L’important est que cet argent soit dépensé pour la vraie culture, le rayonnement de la France, les grands centres culturels parisiens ou les pratiques d’avant-garde, comme les marionnettes géantes de royal de luxe dont le public raffole.

 

Et ne vous inquiétez pas pour l’Europe. Elle a perdu son âme.

 

Pour la décentralisation, c’est la même chose. Parlez-en, surtout, parlez-en beaucoup. Une fois que c’est dit et figé dans la Constitution, il n’est plus utile de la faire. On peut même aller plus avant, au besoin par un acte III ou IV pour conforter le centralisme parisien et maintenir le financement du grand Paris par la province comme au bon vieux temps du roi soleil.

 

Et s’ils viennent à se plaindre, répondez leurs qu’ils bénéficient du droit de voter .. pour les notables dont vous ferez bientôt parti, j’en suis certain. Ils ont même le droit de venir se plaindre.

 

Une autre chose encore. Pour mieux réduire un particularisme, entonnez le refrain de l’ouverture. Lorsque vous leur marchez dessus, montrez que vous avez «  l’esprit grand ouvert ». Je pense souvent à SAINT-NAZAIRE où, à la grande fête traditionnelle bretonne la mairie a eu la sagesse de substituer la fête des escales où toutes les musiques du monde sont présentes à l’exception bien sûr de la musique bretonne.

 

Laissez faire la mondialisation et la métropolisation galopante. Privée de pouvoir politique digne de ce nom sur son territoire et des moyens de pourvoir à son développement, comment voulez-vous que la Bretagne s’en sorte dans la grande compétition économique et puisse sauvegarder sa culture?

 

Et surtout, surtout Messieurs, n’oubliez jamais le principal ingrédient. Les notables ou élites issus du peuple concerné assurent l’essentiel du travail : petit fonctionnaire et instituteur, grands élus, bref toutes les élites issues de la méritocratie bretonne qui s’impliqueront dans cette cuisine traditionnelle.

Ne vous inquiétez pas, c’est ainsi depuis longtemps. Après les notables de droite, c’est désormais au tour des notables de gauche de maintenir le système qui ne repose jamais que sur leur collaboration. Songez un instant à ce qui aurait pu se produire si Mr Le Drian avait accepté en 2010 la proposition farfelue d’une session conjointe -Conseil régional de Bretagne et Conseil général de Loire-atlantique- pour forcer la réunification?

Ayez confiance, vous ferez carrière, Monsieur,.si vous suivez à la lettre cette recette sous la tutelle de votre hiérarchie bienveillante.

 

 

Salez, poivrez, laissez mijoter à feu doux durant deux siècles. Servez chaud;;

 

Bon. A vrai dire, l’honnêteté m’oblige à vous faire part d’une petite difficulté. C’est que la Bretagne est encore, là, bien vivante dans le cœur des Bretons qui regardent leurs cuisiniers, droit dans les yeux. Mais qu’importe !  Regardez ailleurs et poursuivez la cuisson !!

Partager cet article

Repost 0
Published by desunion-francaise
commenter cet article

commentaires